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LE PAYS KASSENA : géographie, histoire et société

SITUATION GEOGRAPHIQUE
ECONOMIE & POLITIQUE
APERCU HISTORIQUE
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SITUATION GEOGRAPHIQUE

 
  
Le "pays Gourounsi" couvre une grande superficie s'étendant au sud et à l'ouest de la capitale du Burkina Faso : Ouagadougou.

Les "gurunsi" dont l'appellation englobe plusieurs groupes ethniques (Nuni, Kassena, l Nankana, Lélé...) font partie des ethnies les plus anciennes installées sur le territoire burkinabè. De tout temps, ils ont du se protéger contre l'envahisseur. S'ils ont pu résister et garder leur autonomie, c'est grâce à l'architecture élaborée de leur habitat. Chaque village a dans son histoire essuyé plusieurs assauts et l'efficacité des constructions "gurunsi" a fait ses preuves.

(Voir : habitat traditionnel)


Le pays kassena, se situe à cheval sur la frontière entre le Burkina et le Ghana, entre les villes de Pô, Tiébélé, Ziou et Paga, cette dernière étant dans la partie ghanéenne. Aujourd'hui, on recense environ 100 000 kassena dont la majeure partie vit dans la province burkinabè du Nahouri.


Le pays kassena au Burkina Faso et au Ghana

Environnement
Relativement bien arrosé, le pays kassena est une région de savane clairsemée avec de multiples "arbres-providence" (baobab, karité, néré, kapokier). Cette zone est très giboyeuse comme en témoigne la proximité de grandes réserves naturelles: ranch de Nazinga et le parc naturel de Kaboré Tambi.

(Voir : tourisme)
Dans cet environnement relativement favorable, les kassena vivent traditionnellement d'agriculture (mil et aujourd'hui riz), d'élevage, de chasse et de cueillette.

 

Barrage de Tiébélé (photo Yaouen PILOT)
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ECONOMIE & POLITIQUE
 

La société Kassena reconnaît un chef que l'on appelle "pè" ou "bafaro" qui veut dire "grand chef". Toutefois, son autorité est limitée dans la mesure où son pouvoir s'appui toujours sur les notables et les sages du village, seuls à pouvoir garantir le respect des traditions et coutumes ancestrales. Dans certaines circonstances, le chef peut consulter un devin, appelé "vro" en langue kassen, afin de l'aider à prendre une décision. Il n'y a donc pas de pouvoir centralisé. Le rôle du chef est principalement de veiller au bien être et à l'équilibre de tout le village. Le chef habite avec toute sa famille une concession appelée "pèsongo" (la cour du chef) que l'on reconnaît facilement grâce au "pourrou" qui se trouve devant la cour du chef. Le "pourrou" est un tas d'immondice où l'on enterre les placentas des personnes nées à l'intérieur de la concession du chef. Ce tas est sacrée. Il est aussi indicateur du statut de chaque chefferie Kassena selon sa taille plus ou moins grande. C'est sur le "pourrou" que sont annoncées les nouvelles du village par celui qui tape le tambour.

(Voir : la chefferie de Tiébélé)

Le système agraire est fondamental dans la société kassena. La terre est ainsi sous la responsabilité d'un "chef de terre" qui est en général le descendant du premier occupant du sol.



photo Yaouen PILOT
    
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APERCU HISTORIQUE

Légende: Où l'on apprend que l'homme valeureux n'est pas toujours physiquement le plus fort

 
Du temps où les Kassena de la province du Nahouri dépendaient encore directement de la chefferie de Narogo (dans le Gambaga au Ghana actuel), deux frères Doulou et Wongo, se préparaient à succéder au chef de leur village décédé depuis peu. L'un des deux frères, Wongo était infirme et l'autre bien portant. Chacun se préparait donc au voyage pour se rendre auprès du chef de tutelle à Narogo et solliciter la chefferie de leur localité
Seuls les chefs pouvant se déplacer à cheval, ils devaient faire le long voyage à pieds. Chacun avait constitué son équipe formé des gens qui soutenaient l'un ou l'autre des frères. Ils se mirent en route. Doulou avançait rapidement. Il pressait son entourage afin qu'il arrive le premier et puisse prétendre à la chefferie avant son frère. Pendant ce temps, Wongo avançait péniblement dans la brousse.
. Arrivé à quelques encablures du village de Narogo, Doulou rencontra une vieille femme sur son chemin. Celle-ci sollicita de l'aide pour porter un lourd fagot de bois jusqu'à Narogo. Doulou était pressé et se défila en bredouillant de fausses excuses. Doulou arriva à Narogo longtemps avant son frère Wongo. Ce dernier rencontra la même femme avec son fagot de bois. Celle-ci demanda de l'aide à Wongo. Il accepta et en dépit de son infirmité se chargea lui même du fardot. Il arriva à Narogo alors que le chef de village s'apprétait à remettre la chefferie à Doulou. La vieille femme qui était la mère du chef de Narogo s'interposa et demanda à son fils de bien réfléchir. En effet, Doulou avait refusé de l'aider alors que Wongo l'avait aidé sans rechigner alors même qu'il était infirme. Elle dit encore à son fils : "L'homme qui est capable de diriger un village est un homme qui a pitié de ses habitants". C'est ainsi que le chef de Narogo remit les clefs du pouvoir à Wongo.