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"Tourisme"
LE PAYS KASSENA :
Tiakané & la "Case Binger"
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de page TIAKANE
& LA CASE BINGER La
concession royale du village de Tiakané
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Entrée
de la concession du chef de village |
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Le village de Tiakané se situe à
sept kilomètres à l'est de Pô,
chef-lieu de la province du Nahouri. Ce village
Kassena a une histoire particulière :
le capitaine Binger, explorateur français
y a fait étape, en août 1888, au
cours de son voyage "du Niger au golfe
de Guinée". Son passage renforce
le caractère historique de la concession
du chef de village que certaines hypothèses
datent du XVIè siècle.
Cet ensemble qui intègre la "case
Binger" est caractéristique de l'architecture
ouest-Kassena. Il s'agit d'un groupement de
maisons semi-enterrées en banco, avec
des toits terrasses et des toits de chaume.
On retrouve aussi les peintures murales et les
gravures géométriques, oeuvres
traditionnellement dévolues aux femmes
et typiques de toute la région. Cet habitat
est un véritable ensemble architectural
organique, qui évolue en fonction des
changements familiaux, ce qui explique aussi
bien les constructions rajoutées que
les abandons. Seule une femme vit encore dans
la concession et deux cuisines sont encore utilisées
pour la préparation des repas.
Les fétiches Kasséna et les ruines
de l'ancienne enceinte qui faisaient de cette
concession un véritable ensemble fortifié
ajoutent à l'intérêt culturel
et historique de ce site.
Aujourd'hui, ce site est très dégradé
(alors qu'il a toujours su être préservé
depuis des décennies grâce aux
pratiques traditionnelles et annuelles d'entretien
associant toute la population). Cet état
regrétable n'est peut être que
conjoncturel: les funérailles du chef
de village décédé en 1997
n'ont pas eu lieu entraînant une "déstructuration
sociale" due à la vacance de l'autorité
traditionnelle incarnée par le chef de
village, seul à pouvoir agir en pareille
situation.
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Vue aérienne de la concession du chef
de village
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de page LE
CAPITAINE BINGER |
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| Le
capitaine Louis-Gustave BINGER,
explorateur français a séjourné
au cours de sa mission en Afrique occidentale
dans le village kassena de Tiakané. Il
a relaté son aventure dans son livre
intitulé : "Du Niger au golfe
de Guinée par le pays kong et le mossi
- 1887-1889" -. Il décrit ainsi
la région a son arrivée au village
:
29
juillet 1888 : " Deux heures
et demi après, nous atteignons le plateau
sur lequel s'élève Tiakané,
altitude 1050 mètres. Cette région
est dominée par une ligne de hauteurs
qui coure dans le sud-est. Le point culminant
est un cône presque isolé dont
j'ai évalué l'altitude à
1800 mètres..."
En réalité, le village se situe
sur le vaste plateau qui couvre 80 % du Burkina
Faso et dont l'altitude moyenne est de 300 mètrese.
Lors de son passage, Binger a été
hébergé dans une case située
au sein de la concession du chef de village
de Tiakané et dont malheureusement il
ne reste aujourd'hui que des ruines.
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La case Binger est en état de dégradation
avancé, aujourd'hui, la case est entièrement
tombée !
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Selon BOLIOU Kommon (chef délégué
du village), et son frère BOLIOU Alira
: "Le blanc Binger était poursuivi
par les Zaberma du Niger et a été
sauvé par l'hospitalité du chef
de Tiakané" (BOLIOU Nigué).
Binger aurait été très
bien accueilli par le chef, les deux hommes
se seraient parfaitement entendu si l'on en
croit leur récit : "Le chef avait
partagé les quartiers pour que chacun
d'eux prépare à tour de rôle
à manger à leurs hôtes...".
Après son séjour, il a demandé
au chef de l'accompagner jusqu'à Kapouri.
Pour les villageois, Binger aurait été
très reconnaissant envers les habitants
de Tiakané et ils en veulent pour preuve
la construction en 1979 de l'école de
Tiakané par les petits-fils du capitaine.
Le village aurait même reçu de
l'argent pour la construction et l'entretien
des cases de la concession du chef où
il a été reçu.
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haut
de page LE
JOURNAL DU CAPITAINE |
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| Cependant,
si l'on se réfère à nouveau
au journal du capitaine Binger au sujet de son
séjour à Tiakané, il n'aurait
que très modérément apprécié
l'accueil réservé par BOLIOU Nigué
:
"
Le chef de Tiakané est un homme d'une
trentaine d'années environ ; il fut plein
de prévenance pour moi pendant tout le
temps que les hommes de Koumoullou furent là
; Mais, dès que ces derniers eurent pris
congé, son attitude changea, il essaya
de m'intimider en me parlant sur un ton impératif,
et au bout de quelques heures, les exigences
commencèrent. Il demandait beaucoup de
choses comme rétribution pour me conduire
jusqu'à Kapouri. Voyant qu'il ne réussissait
pas, il retarda mon départ pour de vains
motifs. En cherchant le moyen de mettre cette
individu à la raison, il me vint l'heureuse
idée de le combattre par ses propres
armes. Je commençais tout de suite les
hostilités en lui demandant pourquoi
il ne me donnait plus de nourriture pour mes
hommes et mes animaux, puisqu'il ne me faisait
pas partir. Comme il ne se pressait pas de s'exécuter,
je lui envoyais deux hommes munis de sacs pour
réclamer le mil. Dans l'intervalle, le
nettoyage de mon revolver sorti tantôt
de l'étui, tantôt d'une musette
ou de la poche d'un de mes hommes, lui faisait
croire que tout mon personnel était armé
jusqu'aux dents, ce qui ne tarda pas à
le décider à me faire partir et
à filer doux. Nous quittâmes Tiakané
vers neuf heures du matin environ ; arrivés
à quelques centaines de mètres
du dernier groupe de cases, le naaba de Tiakané
s'arrêta et me prévint qu'il s'en
retournerait au village si je ne lui donnais
pas, séance tenante, deux beaux boubou.
De mon mieux, je lui fit comprendre qu'il n'obtiendrait
rien de moi par ce moyen et lui expliquais que
s'il retournait au village je ferai de même.
Ce manège se renouvela plusieurs fois
pendant la route. Nous avons mis ainsi quatre
heures pour franchir les cinq kilomètres
qui nous séparaient de Kapouri .Comme
je ne connaissais pas le chemin et que le pays
était très difficile à
traverser, même accompagné par
des indigènes, je me trouvaisà
peu près à la merci de cette canaille,
mais je voulais à tout prix éviter
de céder à ses exigences. La moindre
faiblesse pouvait me valoir, de la part des
chefs des villages à traverser ultérieurement,
des demandes croissantes dans des proportions
qui auraient fini par me fermer complètement
la route."
Aujourd'hui,
la mémoire de l'explorateur Binger est
toujours vivante. Cependant, la "case Binger"
est dans un état de dégradation
très avancée, à l'image
de toute la concession.
Pour venir en aide à la population du
village de Tiakané, une association s'est
constituée pour contribuer à la
promotion et à la sauvegarde de la "case
Binger" et plus globalement à la
concession du chef de Tiakané (Association
pour la Promotion et la Sauvegarde de la Case
Binger - APSCB). Un projet de réhabilitation
de toute la concession du chef de village, incluant
la "case Binger", est donc à
l'étude pour valoriser et préserver
ce patrimoine afin de le transmettre aux générations
futures.
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Ruines
des fortifications de la concession |
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